lundi 27 avril 2015

Départ d'une partie de l'équipe sur le PNGExplorer

Ce dimanche 8 juin, une partie de notre équipe a embarqué sur le PNGExplorer. Ce bateau est un ancien crevettier recyclé en bateau d'expédition de plongée. Jusqu'au 26 juin les plongeurs embarqués vont réaliser des collectes entre la Nouvelle-Irlande et la Nouvelle-Hanovre.

Le PNGExplorer arrive sur l'île de Nago © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le PNGExplorer accoste à Nago à 8 h, le matériel nécessaire aux collectes est déjà sur le quai d’embarquement : équipement de plongée, paniers de brossage, suceuse, bocaux, éthanol, sacs plastiques, cordage, filets, glacières, bacs plastiques de toutes tailles, drague, matériel photographique, GPS… 

Chargement du matériel à bord du PNGExplorer © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Il faut charger tout ce matériel en le rangeant méthodiquement pour ne pas encombrer le pont et pouvoir y accéder rapidement. Les plongeurs ont descendu leurs affaires personnelles dans les cabines en cale. Le pont inférieur est réservé aux manipulations techniques : préparation du matériel de plongée et de collecte, tri des spécimens, préparation du matériel… Le pont supérieur est le lieu de repos, c’est aussi là que sont servis les repas.


Rangement du pont du PNGExplorer © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Nous partons de Nago pour prendre le cap vers la Nouvelle-Hanovre, après ¾ d’heure de navigation, le capitaine donne l’ordre de jeter l’ancre.

Le capitaine du PNGExplorer © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Les plongeurs s’équipent, il ne faut pas rater une demi-journée, en moins d’une demi-heure, tout est prêt et la collecte du matin aura lieu. Sasha et Emmanuel collectent par la technique de brossage. Stephano et Jenna sont partis avec la suceuse pour aspirer les substrats meubles et collecter les bestioles qui s’y trouvent.

Préparation de la plongée © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

En fin de matinée, tout le monde remonte à bord, les collectes sont rapidement triées et une étiquette avec le numéro de la station les accompagne. Sur un cahier, les informations sur le milieu sont notées, point GPS, profondeur, nature du fond, type d’environnement, mode de prélèvement mais aussi qui a participé à cette collecte.

Prise d'informations sur la station © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Fracturation de bloc pour y extraire les organismes © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Premier tri de la collecte sur le PNGExplorer © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Deux fois par jour, les collectes sont transférées au laboratoire sur Nago afin que le reste de l’équipe puisse les traiter.

T. Magniez

La petite installation de l’expédition en Nouvelle-Irlande

Tous les ingrédients sont là pour réussir une bonne expédition : la structure d’accueil bien adaptée, le matériel, les spécialistes des bestioles collectées, les collecteurs dotés de bon nez, les cuisinières locales talentueuses, un chef d’expédition au mieux de sa forme, mais surtout un lagon et une mangrove riches.

L'île de Nago © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Sur l’île de Nago à 5 minutes de bateau de Kavieng, l’équipe de La Planète Revisitée bénéficie des locaux et de la logistique de la "National Fisheries Authority": 

L'arrivée sur l'île de Nago © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le ponton de l’île, qui nous permet de charger et décharger le matériel, est aussi l’endroit où nous avons monté la station de tri par tamisage.

Le ponton de l'île © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

La station d’aquaculture où le laboratoire est installé contient de gros ventilateurs afin de rendre les 35° ambiants acceptables.

Le laboratoire de terrain © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le local de plongée de la "fisheries" avec tout l’équipement nécessaire pour plusieurs plongées par jour. 


Le local de plongée © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Les banana-boats de la "Fisheries", petits bateaux rapides avec peu de tirant d’eau, idéals pour les déplacements et les collectes en récif, mangrove ou plage.

Reconnaissance pour les marées des jours à venir © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le véhicule de la "Fisheries", un 4*4 pick up pouvant contenir toute une équipe de collecte de marée. 

Départ pour une collecte de marée basse au nord de Kavieng © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

 T. Magniez

La publication d'une nouvelle espèce découverte lors de l'expédition Madang

Lors de l’expédition de La Planète Revisitée à Madang en 2012, un très grand nombre de spécimens a été récolté. Ces spécimens sont rentrés dans les collections du Muséum National d’Histoire naturelle. Ils sont alors à la disposition des chercheurs qui désirent travailler sur telle ou telle famille. En mai 2014, une nouvelle espèce collectée lors de l’expédition à Madang a été décrite et publiée. Cette nouvelle espèce fait même partie d’un nouveau genre. Pteromaja maklayi est un petit crabe vivant entre 6 et 50 m de profondeur sur les tombants du récif de corail. Les algues et les bryozoaires rouges qui le recouvrent, lui assurent un parfait camouflage dans son milieu.

Pteromaja maklayi © MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

T. Magniez

Les collectes côtières

Afin de pouvoir faire de la recherche sur les représentants d’une famille ou d’un genre, les chercheurs ont besoin d’un grand nombre de spécimens. Les campagnes de terrain permettent d’enrichir les collections mais aussi de mieux connaître l’évolution des populations des environnements.

Zoothèque du MNHN © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng
Une fois sur le terrain, il faut user de différentes méthodes afin de collecter efficacement et de façon représentative, les êtres vivants d’un environnement. Dans le cadre de notre expédition, nous nous intéressons à la « biodiversité négligée », c’est-à-dire les taxons d’êtres vivants de petites tailles, d’intérêts économiques et esthétiques n’ayant pas souvent attirés l’attention sur eux.

Portunidae © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Portunidae © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Sur l’expédition Kavieng, les espèces de petite taille sont également collectées grâce à nos méthodes. Dans ce premier billet, seules les collectes à partir de la côte seront abordées. Un second billet présentera les collectes en mer. Les sorties sont planifiées en fonction de la table des marées pour collecter au moment de la marée basse.

Table des marées de Kavieng origine : "Windfinder"

Une équipe qui part en marée de jour ou de nuit, réalise les collectes à vue en parcourant l’estran (zone de balancement des marées). Beaucoup d’animaux sont capturés dans les flaques ou sous les pierres, une petite épuisette, un couteau, une pince fine… permettent de les attraper dans l’eau ou de les décrocher des pierres.


Collecte sous les pierres du platier © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Afin de collecter les animaux les plus petits, le dessous de certaines pierres est frotté à la brosse, le tri sera réalisé au laboratoire de terrain. Avec cette méthode, il est possible de trouver sous la loupe binoculaire des spécimens difficilement visibles à l’œil nu. 


Brossage des roches pour recueillir les petits êtres vivants © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Quand l’estran est vaseux, il est plus difficile de trouver les animaux enfouis plus ou moins profondément. Une visite aux pêcheurs locaux permet d’expliquer notre présence afin de nous faire accepter dans leurs zones de pêche, c’est aussi l’occasion d’apprendre des techniques de pêche locales pour améliorer les collectes.

Discussions avec le chef de l'île de Limonak © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Dans la mangrove, les mollusques sont souvent sur les racines des palétuviers. Certains, comme les huîtres, sont bien fixés et il faut les décoller au couteau sans casser une valve. Les crustacés sont dans des trous et il est plus difficile de les attraper.

Collecte d'huîtres sur les racines de palétuviers © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Dans les zones plus sableuses, un tamis permet de trouver les animaux qui vivent enfouis dans le sable. Il faut alors tamiser à différentes profondeurs d’eau afin de récolter le plus possible d’espèces.

Tamisage du sable © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng
L’utilisation du masque est indispensable s’il y a trop d’eau ou si le vent crée des vaguelettes. Certaines collectes se font de nuit si la marée le permet. C’est l’occasion de prélever les espèces ayant une activité exclusivement nocturne.

T. Magniez

Les collectes en bateau

La zone de prospection de l’expédition Kavieng comprenant de multiples milieux de vie, il faut utiliser le bateau afin d’accéder aux milieux plus profonds ou trop éloignés du laboratoire.

Carte marine de la région de Kavieng, en rouge, la zone de prospection de l'expédition

Les plongeurs collecteurs ont à leur disposition des banana-boat et le PNGExplorer.

Banana-boat des plongeurs © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le pont inférieur du PNGExplorer © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Avec plusieurs plongées par jour, entre 2 et 40 mètres de profondeur, la dizaine de plongeurs collecteurs réalise les collectes de différentes manières :
- Collecte à vue : en se déplaçant lentement sur le fond, le plongeur cherche des indices de présence (traces laissées dans le sédiment, mouvements, formes ou couleurs suspectes…). Ce n’est pas donné à tout le monde de défier les pièges du mimétisme. Les collecteurs présents sur l’expédition sont soit des spécialistes de certains taxons, leurs connaissances poussées des habitudes de leurs sujets d’études les aident, soit de fins museaux qui ont le don pour trouver les formes de vie les plus diverses dans ces environnements.

Collecte à vue en plongée durant la nuit © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

- Collecte par brossage : les plongeurs descendent avec un double panier et un filet qui vient se mettre dedans. Grâce à une brosse, ils détachent les particules et les êtres vivants fixés sur des coquilles, des roches, des bouts de bois. Une fois le brossage terminé, un ballon d’air attaché au panier est gonflé afin d’assurer l’ascension de celui-ci. A la surface il faut récupérer le panier, le hisser dans le bateau et l’envoyer au labo pour faire le tri. 

Paniers de brossage pour collecter les petits êtres vivants en brossant le substrat dur © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

- Collecte par suceuse : les plongeurs emportent avec eux un aspirateur à sédiment. Le principe est simple, dans un morceau de tuyau PVC d’environ 2 m, une arrivée d’air alimentée par 2 bouteilles d’air comprimé, crée l’aspiration dans le tuyau. L’air, l’eau et les sédiments montent dans le tube, à la sortie, un filet piège les particules tout en laissant passer l’eau et l’air. Le filet et son contenu sont ensuite envoyés au labo pour un tri méticuleux. 

Aspiration des sédiments grâce à la suceuse © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Une petite drague est tirée par un banana-boat afin de récolter les gros éléments présents dans les sédiments. Cette petite drague peut être utilisée jusqu’à 150 m de fond. Elle permet de collecter sur des fonds non accessibles aux plongeurs et complète les collectes afin de couvrir toute la zone de prospection.

Retour d'une collecte par dragage © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

 T. Magniez

vendredi 24 avril 2015

L'aire de tamisage

Une fois les collectes terminées, elles sont rapportées sur l’île de Nago où nous sommes installés. Les collectes résultant de brossage, de dragage ou de suceuse passent par l’aire de tamisage : sur le ponton de l’île, l’équipe a installé sa station de tri rapide en fonction de la taille. 

L'aire de tamisage © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le principe consiste à faire passer l’ensemble d’une collecte dans 4 tamis successifs. Pour faire ceci une petite dizaine de fois par jour avec à chaque collecte, des volumes d’environ 10 litres de sédiment. La collecte est versée dans un premier tamis à larges mailles déposé dans le bac le plus haut. Par mouvement du tamis et arrosage à l’eau de mer grâce à une motopompe, les particules de tailles supérieures aux mailles du tamis restent piégées et les plus fines se déposent dans le fond du bac. 

La motopompe qui permet d'utiliser l'eau de mer pour tamiser © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng
 
Chargement de l'aire de tamisage © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng
Un tamis de mailles plus fines est placé à la sortie du bac le plus haut, la trappe est ouverte doucement pour laisser descendre le reste de la collecte. Un coup de jet d’eau permet de rincer ce premier bac et de faire passer au travers du tamis, les particules les plus fines dans le bac suivant.

Rinçage du premier tamis © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Rinçage du premier bac © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng
De bac en bac, les particules sont piégées selon leur taille. Grâce aux 4 bacs, la collecte est triée en 4 contenus de tamis : 4 fractions (les très grosses et les grosses fractions qui seront triées à l’œil nu, les fines et les très fines fractions qui nécessitent l’utilisation de la loupe binoculaire pour leur tri). 

Passage au tamis à plus petites mailles © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

Le contenu des 4 tamis est déposé dans 4 bacs différents qui sont apportés au laboratoire où le tri à vue va avoir lieu. 


Transport du tamisage vers le laboratoire de terrain © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng
 T. Magniez

samedi 20 septembre 2014

Une équipe très efficace



Cette équipe est une chaîne de travail complexe où chaque personne occupe une place stratégique.


Une partie de l'équipe de l'expédition Kavieng © Thierry Magniez-MNHN-PNI-IRD/expédition Kavieng

L'équipe :
- le responsable d’expédition qui prépare l’expédition depuis plus d’un an (gestion administrative, financière et technique)
- les collecteurs naturalistes ou spécifiques qui savent prélever les spécimens représentatifs des stations et dénicher des individus pour les espèces les plus rares
- les chargés de tri qui tamisent, trient à l’œil ou à la loupe binoculaire les collectes régulières et volumineuses avec leurs yeux de lynx - les spécialistes des différents groupes collectés qui référencent les spécimens, informatisent les données et orientent les collectes suivantes en fonction des résultats
- les photographes qui immortalisent les formes et les couleurs des spécimens des futures collections - les barcodeurs qui prélèvent des morceaux de tissus afin de pouvoir séquencer certains gènes après l’expédition

mais aussi :
- les cuisinières et tout le personnel qui nous aident pour les tâches hebdomadaires
- l’ambassadeur de France en Papouasie-Nouvelle-Guinée
- les représentants des administrations locales
- le personnel de la "National Fisheries Authority"

Sans oublier notre chef d’expédition qui fait tourner ce mécanisme en évitant les grains de sable ! Afin de pouvoir accomplir cette mission d’inventaire en un temps record, les personnes de l’équipe doivent être le plus polyvalentes possible.

T.Magniez